Préambule :
Cet article est basé sur un document proposé par Jean-Dominique Michel* dans une mini formation sur les Neuro sciences .
Nos émotions sont des signaux qui nous indiquent que nos besoins fondamentaux sont satisfaits (ressentis émotions positifs) ou en souffrance (ressentis négatifs).
Il est important de les accepter et de les comprendre même si elles ne sont pas toujours agréables à vivre ! Certaines comme la colère, de la tristesse, de la rage, de la peur, de la jalousie, de la haine ou de la désespérance …peuvent nous perturber si elles intenses. Ignorées, non exprimées, elles peuvent générer des réactions incontrôlables. Il s’agit d’apprendre à les gérer sans faire du mal aux autres ou à nous-mêmes ?
L’objectivation et l’appropriation nous aident à reconnaître et à donner un sens à ce que nous ressentons, ce qui nous procure un sentiment de soulagement.
L’émotion existe pour nous informer et informer les autres de ce que nous ressentons à propos de « quelque chose qui compte pour nous ». Réprimer ou refouler une émotion c’est utiliser une quantité d’énergie importante, pouvant provoquer des états de douleur et de fatigue chronique. C’est en les explorant, apprenant à les « étiqueter » que l’on peut obtenir un soulagement; comprendre ce que nous ressentons et le son « pourquoi » peut éviter un « passage à l’action intempestif » dommageable pour nous et les autres. En mettant des mots sur les sentiments, nous reprenons le contrôle exécutif de notre cerveau. Relier ensuite l’état émotionnel à son ou ses déclencheurs, identifier et reconnaître le ou les besoins en souffrance, trouver des moyens d’expression sont les étapes de ce processus, appelé ici ETNA.
ETNA ♦ (E) Étiqueter l’émotion ♦ (T) Trouver le déclencheur ♦ (N) Nommer les besoins non satisfaits ♦ (A) Articuler pour libérer
♦ (E)tiqueter l’émotion : il s’agit de briser la « boucle cybernétique » entre stimuli déclencheur et l’émotion dure. Pour cela mieux vaut utiliser un vocabulaire riche et nuancé pour sortir des 3 étiquettes « bien », « mal » et « ok » (ou couci-couça) qui en portant un jugement de valeur sur l’expérience émotionnelle entretiennent la confusion. Des listes existent pour identifier le sentiment qui s’applique le mieux à l’état émotionnel vécu. C’est le processus d’étiquetage qui permet d’atténuer les effets des stimuli qui déclenchent les symptômes. Tableau des émotions
- la colère : une réaction à une menace perçue pour notre intégrité physique, émotionnelle ou relationnelle. Si votre « espace de sécurité » est représenté par une sphère autour de vous, la colère est l’énergie qui vient de l’intérieur pour redéployer votre sphère protectrice dans ses limites initiales quand quelque chose s’approche de vous de l’extérieur en menaçant votre intégrité,. L’injustice, en réponse à un abus éthique ou moral, est un grand déclencheur de la colère. Si vous êtes en colère, recherchez ce que vous ressentez comme une menace pour votre intégrité et/ou ce que vous trouvez injuste dans la situation.
- la peur, l’anxiété, et toutes leurs variantes indiquent un besoin de protection ou de sécurité. Cela implique le besoin d’appartenance (respect, considération, inclusion), ainsi que le soutien et l’indulgence des autres.
- la tristesse reflète un besoin de connexion, de tendresse, de communion et d’acceptation, fréquemment à la suite d’une perte ou d’un rejet vécus ou redoutés. Nous avons alors besoin de nous retirer pour prendre soin de nous et récupérer.
♦ (T) Trouver le déclencheur : identifier le déclencheur de notre état émotionnel aide à objectiver notre ressenti et à lui donner un sens. Comprendre, donner un sens et trouver des manières d’agir face aux événements et aux souvenirs constitue la source la plus importante de force intérieure, jusque dans des conditions de survie extrêmes. Plus l’émotion est intense, plus nous pouvons nous trouver dans un état de trouble intérieur, nous sentir excessivement anxieux, et du coup agir/parler de manière inappropriée, voire à perdre notre sang-froid.
♦ (N) Nommer les besoins non satisfaits : prendre soin des ressentis accablants ou intenses pour qu’ils n’entravent pas excessivement notre bien-être. Reconnaitre le besoin non satisfaits aide à trouver la cause profonde de la réaction. Reconnaître qu’un besoin essentiel n’est pas satisfait « explique » le ressenti et contribue à rétablir de la cohérence et à apaiser l’émotion. Malgré les variations dues à nos individualités, nous avons tous les mêmes besoins fondamentaux inhérents à notre nature humaine, besoins physiques et biologiques, mais aussi émotionnels, relationnels, sociaux et existentiels. Lorsque quelque chose nous contrarie, il s’agit d’explorer en nous ce qui est mis en souffrance.
Là aussi des « listes » de besoins (exemple ici issu du Centre suisse romand pour la Communication non-violente.
♦ (A) Articuler pour libérer : idéalement avoir une conversation empathique et cohérente avec la ou les autres personnes impliquées, pour une expérience de conscience transformationnelle. Pas toujours possible alors une bonne idée est de partager d’abord avec une personne en qui l’on a confiance, puis parler avec la ou les autres personnes concernées. En partageant nos sentiments dans un environnement sûr, il modère nos réactions émotionnelles. « Ce qui se partage se soulage » En quoi cela nous aide-t-il ?
Une étude a montré que les organisations où les personnes se sentent à l’aise et en sécurité pour exprimer leurs véritables sentiments ont tendance à être plus productives, innovantes et créatives.
… »Lorsque les gens s’investissent dans leur travail, ils peuvent être contrariés ou frustrés par certaines choses, mais ils doivent pouvoir partager ces émotions, afin que cela n’entrave pas leur travail ou leur créativité. » Il y a des cas où être honnête et sincère peut ne pas être indiqué ou conseillé – le monde qui nous entoure peut être injuste, dur, malveillant, voire méchant par moments. Dans un monde idéal, la communication ouverte, honnête et aimable est ce qu’il y a de mieux, mais il est nécessaire de créer un espace relationnel sécure dans lequel il est possible d’être soi même sans risque de critiques.
*anthropologue médical suisse né en 1965, spécialisé en anthropologie de la santé, reconnu pour ses travaux sur les déterminants de la santé, les processus de rétablissement en santé bio-psycho-sociale et les pratiques de soins.Ses formations incluent un diplôme d’études supérieures en anthropologie médicale de la Psycho-Physics Academy de Londres, ainsi que d’autres formations en bio-généalogie, coaching et théologie.
**Dr Parke à la London Business School
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