Nous sommes constitués d’éléments générationnels à l’extérieur, notre corps physique, ainsi qu’à l’intérieur, notre personnalité, nos croyances, …Nous arrivons dans ce monde avec un capital et nous devons faire avec.
Mais il y a aussi, à un moment donné, l’envie, le besoin de « nettoyer », de nous débarrasser, de certains de ces éléments, qui, finalement, ne nous appartiennent pas vraiment, ou qui ne nous ressemblent pas, pense-t-on.
Nous sommes porteurs de toute une lignée, de tout un patrimoine, de toute une dynamique et, à un moment, la question se pose de ce que nous devons garder ou pas :
- de notre éducation, des valeurs qui nous ont été transmises et qui étaient celles de nos parents,
- des histoires, des expériences vécues par nos aïeuls et dont on entend parler depuis notre plus jeune âge et qu’on a fini par incorporer ?
…que faut-il garder ou que faut-il abandonner pour faire nos propres expériences, développer notre autonomie dans notre rapport au monde ? Car il s’agit bien de faire sa vie et de bâtir son propre bonheur.
À bien y réfléchir, je me rends compte que moi-même j’ai passé des années à me dés-identifier, à rejeter des expériences de mon milieu et à valoriser des expériences que je n’avais pas vécu, à regretter certaines choses et en idéaliser d’autres. Il était nécessaire, me semblait-t-il, de prendre un peu de distance avec mon éducation, mon milieu social.
J’ai alors laissé émerger à l’intérieur de moi, des choses qui, je croyais, me correspondaient plus. J’ai adopté des valeurs, des codes, des façons de faire qui me « ressemblaient » mieux. Je suis passé donc au travers d’un processus d’allégement et dés-identification puis d’adoption d’autres choses qui venaient d’autres personnes, des enseignants, des référents professionnels, des modèles à qui je voulais ressembler.
Lorsque j’étais dans cette reconstruction intérieure, dans ce processus, j’ai adopté des points de vue existants, des savoirs existants, des affirmations, des enseignements… Je me suis détachée, j’ai changé de mode de vie, j’ai fait des choix professionnels, je pensais que j’étais sur le « bon » chemin, mon chemin.…Je me suis fabriquée de nouvelles réalités.
Puis j’ai rencontré des obstacles (personnels et professionnels, des ruptures, des exclusions, …) et je me suis rendue compte que « tout » ne venait pas vraiment de moi.
J’avais créé à l’intérieur de moi un aggloméra de croyances, de certitudes, de pratiques, d’expériences qui avaient constitué un « nouveau Moi », un nouveau « Je », une nouvelle personnalité, différente de celle qui était rattachée à mon éducation et à mon histoire.
Mais, dans ce nouvel « environnement » (métier, statut social, amis, pairs, …) certaines valeurs qui me semblaient proches, qui m’attiraient, qui venaient souvent de personnes que j’admirais, n’étaient pas forcément les miennes. J’avais vécu ce processus de dés-identification et de reconstruction, mais ce nouveau « Moi » était trop éloigné de mon « Moi » d’origine, ces nouvelles valeurs étaient trop éloignées, voire en contradiction, avec celles que j’avais reçu de ma « lignée »…Il fallait reprendre le travail.
Car il semblerait que ce processus ne se fasse pas qu’une fois dans une vie. Si il est bien nécessaire à un moment de s’alléger pour mieux se reconstruire, la vie est faite de ses successions, d’Inspire et d’Expire; il ne s’agit pas de se culpabiliser ou de se flageller, car c’est le chemin et il faut toujours avancer.
Car il y a des moments dans la vie qui sont des moments d’initiation, de deuil et de renaissance. Il y a des passages qui viennent de circonstances qu’on ne maîtrise pas forcément. Il y a des enchaînements d’évènements qui semblent imprévus et qui nous sortent de notre zone de confort.
Quelquefois c’est comme si on se retrouvait devant une porte qu’on a du mal à franchir.
Et là, ce qu’on avait organisé, les certitudes qu’on avait, les valeurs qu’on pensait siennes, tout cela, ne passe pas par la porte. Et là, c’est un peu comme si la vie venait recentrer, dégraisser, ce qui finalement ne nous appartenait pas. Elle vient nous ramener à l’essentiel et elle vient vérifier ce que nous avions vraiment intégré jusque là.
Et du coup, en regardant à l’intérieur de Soi dans tout ce qu’on a construit, on voit ce qui vraiment nous appartient. A ce moment-là, il faut laisser aller ce qui n’est pas très profondément ancré en Soi.
La vie nous invite au changement, il s’agit de ne pas lutter.
En fait seul l’Essentiel restera; il s’agit de lâcher prise et de laisser aller ce pourquoi on avait peut être tant travaillé, fait autant d’efforts, avait tant de valeur pour nous (ce métier, cette vie familiale, cette communauté professionnelle, …) mais qui en fait n’était pas là pour durer, n’était pas fait pour nous, ou qui, simplement, n’a plus d’utilité pour nous…Et qu’il faut passer à autre chose.
Un peu comme ce que nous montre la Nature, les saisons qui passent, et ça doit être comme ça.
Inspiration Regard Essénien – G.Cayzac
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